Ça change tout
Les onze apôtres ont vu mourir Jésus, l’ami avec qui ils ont tout partagé pendant ces trois dernières années. Ils n’y comprennent rien, ils se sentent perdus, et ils se demandent ce qui va leur arriver, à eux qui l’ont suivi. Comment pourraient-ils donner foi à ceux qui disent l’avoir vu vivant ? Qui donc aurait pu le relever de la mort ? Mais voici que soudain Jésus se manifeste à eux, et qu’il les envoie proclamer la bonne nouvelle à toute la création.
La femme ressuscitée
Une femme qui pleure dans un parc, au matin. De loin, ceux qui l’épient ricanent en secret, imaginant sans peine ce qui l’amena là. « Des amours faciles, et bientôt consolés ! » elle trouvera ici une nouvelle victime, et l’homme précédant sera vite oublié. Mais pourquoi ce tombeau, dans lequel elle se penche ? Voudrait-elle cacher son chagrin éphémère
Jésus a franchi la barrière de la mort. Il va se montrer encore quarante jours à ses disciples, pour qu’ils voient et croient qu’il est ressuscité, comme il le leur avait dit. Puis il va retourner chez son Père. Il n’est plus ici, sinon dans nos prières, par les sacrements de l’Église, par son Esprit qui nous fait parler et agir dans l’amour. Pour le retrouver, pour que chacun de nous le voie face à face, il nous faut passer, nous aussi, par la mort. Mais pas seulement. Il nous faut patienter jusqu’à la récapitulation, l’ultime révélation, autrement dit l’Apocalypse. Le monde aussi doit mourir pour qu’adviennent les cieux nouveaux et la terre nouvelle.
Marie Madeleine a-t-elle crié de douleur devant le corps sans vie de Jésus ? Peut-être. Avant d’entrer dans le silence, devant le tombeau. Elle est là, à quelques mètres, discrète. Elle regarde. Attend-elle quelque chose ?
« Quand est-ce qu’on arrive ? J’ai faim ! » L’oisillon s’impatiente, parti tôt le matin, avec toute sa famille. A peine sorti du nid, et déjà embarqué dans un vol au long cours. « Juste une petite pause alors. » Sur un champ à peine ensemencé ils se posent et s’ébrouent. L’oisillon n’en croit pas ses yeux qu’il frotte énergiquement à tire d’ailes : « que de graines ! » et se met à picorer.
«Malheureux!, dit sa mère, arrête cela tout de suite ! » « Mais maman, toutes ces graines, c’est providentiel ! » « Prends patience. Plus tard tu comprendras ». Soudain, le soleil se lève, dardant droit ses rayons. Le vent du sud mugit, drainant une mer de sable sur la plaine dénudée. L’oisillon a peur. « Allons, dit le père, nous repartons ! »