Histoire de Grosbliederstroff

Mis à jour : dimanche 17 avril 2016

NOTRE DAME DU BRANDENBUSCH

 Dominant la vallée de la Sarre, la « Sainte Vierge » du Brandenbusch a été pour des générations de Blitthariens un lieu de promenade ou de recueillement très apprécié. Ce sanctuaire de dévotion mariale a été érigé en 1948 et inauguré officiellement le 21 août 1949 en présence de Mgr HEINTZ, évêque de METZ.

 L’origine de ce site, devenu lieu de prière et de recueillement, remonte à un événement qui s’y est déroulé à la fin de la IIème Guerre Mondiale. Il a été relaté par l’ancien maire et historien local, Monsieur Joseph FERSING (NIMSGERN). Nous le citons : « A la fin de la guerre, deux jeunes Blitthariens charroient du bois sur les sentiers du Brandenbusch. Soudain, c’est l’explosion. La charrette vient de heurter une mine et vole en éclats. Les chevaux affolés s’enfuient vers le village. Grâce à Dieu, Marcel FERSING et Edmond FINKLER, bien que sérieusement blessés, sont vivants. Cet incident hâte la réalisation d’un vœu prononcé au début des hostilités. La Vierge du Brandenbusch fut érigée en ex-voto en 1948 et inaugurée officiellement le 21 août 1949 en présence de Monseigneur HEINTZ, évêque de METZ. »

La mise sous abri de la statue de la Vierge MARIE a été réalisée ultérieurement par l’entreprise MULLER Georges.

A l’initiative de notre ancien curé Joseph ZINTZ, le samedi soir précédant la fête de l’Assomption, une messe en plein air y fut célébrée durant de nombreuses années, quand le temps le permettait. Cette tradition a été perpétuée jusqu’à nos jours ; malheureusement, le temps ne s’est montré guère clément ces dernières années. 

 

 L'EGLISE PAROISSIALE

 

 

Faute de documents authentiques sur l'église, puisque tous ont disparu en 1939-40, il faut se baser sur les détails historiques donnés, le 10 septembre 1947, par M. le curé HOELLINGER au maire de l’époque.

L'église paroissiale a été construite en deux étapes : la première partie en 1748-49 par les religieux du couvent de Wadgassen (Sarre), la seconde partie, chœur et avant-chœur, a été ajoutée en 1839. Le chœur qui a été démoli malgré sa solidité et contre le gré de la population, a été reconstruit en 1886.

Autrefois, la nef de l'église et le chœur n'étaient pas séparés par un arc. En 1894 ont été entrepris des travaux de replâtrage et d'ornementations du plafond et des murs, pour donner à l'église le caractère d'un édifice de style.

 

 Notre église possède des joyaux en matière de mobilier. Les trois autels et la chaire sculptée sont en bois de chêne. Les autels ont comme ornement de belles statues de saints en bois. Les autels, la chaire et le buffet de l’orgue sont classés monuments historiques. Le style est de type baroque. Il prend dans notre église tout son sens au travers du travail qui a été réalisé par les frères GULDNER. Le maître autel est un des plus beaux et des plus grands réalisé par ses concepteurs. 

Les deux confessionnaux (style empire) méritent également une mention spéciale ainsi qu'un Christ en croix qui avait été jeté dans la Sarre lors de la Grande Révolution, et d'où il a été retiré plus tard.
Les vitraux qui datent des années cinquante sont très beaux de par les coloris utilisés et leurs représentations figuratives. L'ensemble de l'église est du type "grange" c'est à dire qu'il n'y a pas de colonne qui gêne le regard.

Cette architecture a été rendue possible par la réalisation d'un plafond suspendu. La superficie de ce plafond est assez exceptionnelle pour être souligné.

 Parmi les joyaux de notre église figure l’orgue. Un orgue existait avant 1868. Ceci est attesté par des factures de réparations de l'orgue qui datent de 1790 et qui ont été effectuées par Jean Nollet. D'autres factures prouvent que l'orgue existait à cette période.

 

NOTRE EGLISE

SAINT INNOCENT

 

Depuis la nuit des temps, notre église paroissiale Saint Innocent a été l’édifice central de la vie villageoise. Par la sonnerie de ses cloches, les nombreux offices célébrés, parfois la joie au cœur, mais aussi quelquefois dans la tristesse, elle a rythmé et marqué aussi et surtout la vie de nombreuses générations de Blithariens. Tôt ou tard, tout le monde, croyant ou non, a visité le somptueux édifice, point de ralliement de tant de générations. Un baptême, un mariage, une communion, un enterrement, ou tout simplement la messe dominicale ou en semaine, nombreuses sont les raisons d’une visite de l’édifice religieux.

 

Notre église est ancienne (l’édifice date du 18ème siècle) ; elle a malheureusement subi les outrages du temps et les blessures causées par les guerres et notamment la dernière Guerre Mondiale qui a vu la destruction du magnifique clocher d’origine.

L’actuel date d’après la 2ème Guerre Mondiale et il est incontestablement moins joli que l’ancien. Mais ne nous fions pas à l’aspect extérieur de notre église. Ses joyaux se trouvent à l’intérieur. De style baroque, notre église est de type « grange ». Elle est surtout remarquable par la très grande richesse de son mobilier, ce qui lui a valu d’être inscrite à l’inventaire des monuments historiques.

Ce qui attire immanquablement le regard du visiteur, c’est le majestueux maître-autel avec dans sa niche centrale, la statue de Saint Innocent, patron de notre paroisse. Les deux autels latéraux, celui de la Sainte Vierge et celui de Saint Sébastien, sont tout aussi admirables. Au fond de l’église, l’orgue avec ses 2328 tuyaux ne dépare pas l’ensemble avec son joli buffet surplombant la tribune datant du XIXème siècle. Ce qui mérite un détour par notre église paroissiale, ce sont également la chaire à prêcher richement sculptée, les confessionnaux et le chemin de la Croix, acquis en 1891 par l’Abbé MATZ, l’un des prêtres célèbres ayant desservi la paroisse Saint Innocent (une rue du bourg porte d’ailleurs son nom).

Vue du chœur, notre église inspire une douce sérénité liée à une belle harmonie d’ensemble.

Ceux qui voudraient approfondir l’historique de cet édifice religieux peuvent le faire à travers deux ouvrages fort bien documentés de Claude DROSS, féru d’histoire locale, à savoir : « L’Eglise St Innocent de GROSBLIEDERSTROFF » paru dans les « Cahiers Blitthariens » de la S.H.A.G.

Notre église a des siècles durant été un élément fondamental de la vie spirituelle et culturelle de notre bourg, par les multiples rites et pratiques s’y rattachant.

Les somptueuses « Fête Dieu » d’antan ont marqué des générations de Blitthariens. En tête de l’imposant cortège, il y avait le dais protégeant le Saint Sacrement et Monsieur le Curé. Il était porté par quatre costauds de la paroisse généralement des membres du Conseil de Fabrique de la paroisse. Dans l’escorte proche, on relevait la présence des pompiers du corps local, ainsi que l’Harmonie Municipale. Suivait la foule nombreuse et fervente des paroissiens, précédée d’enfants jetant des pétales de fleurs aux reposoirs et tout le long du parcours. Particularité de cette époque : la procession des hommes était bien distincte de celle des femmes, même si elles se suivaient.

Notre église est ancienne (l’édifice date du 18ème siècle) ; elle a malheureusement subi les outrages du temps et les blessures causées par les guerres et notamment la dernière Guerre Mondiale qui a vu la destruction du magnifique clocher d’origine.

Les reposoirs étaient de pures merveilles et j’en garde une nostalgie bien réelle. Les différents concepteurs (familles ou quartiers) mettaient un point d’honneur à réaliser une merveille à la gloire de Dieu. Avant guerre, le parcours empruntait la rue de l’église, puis la rue du Pont (Wuschdgass) avec un premier reposoir situé un peu au-delà de la maison GOETTMANN. Le suivant se trouvait au niveau de la maison SCHUTZ. Puis le cortège empruntait la rue de la Montagne et effectuait une halte au pied de la rue de Forbach (Vogelsbersch ) au reposoir de la ferme GAMMEL. Après avoir remonté la rue de Forbach, la procession bifurquait vers la rue de Lixing, puis arrivée sur la Place du Marché se dirigeait vers la Chapelle Sainte-Croix où l’attendait un autre reposoir. Puis l’on repartait rue de la Liberté et la rue de l’Eglise et le reposoir de la maison REITTER, ancien président du Conseil de Fabrique de l’église. Après cela, le cortège se dirigeait vers le dernier reposoir avant l’arrivée à l’église, celui des sœurs CALIS, modistes bien connues dans la localité. Après guerre, il n’y eut plus que cinq reposoirs : rue du Pont (maisons THIRY- CALIS) rue de Forbach (maison GAMMEL), tout en haut de la rue de Forbach à l’intersection de la Côte des Vignobles et de la rue de LIXING à l’emplacement de l’actuelle Croix, puis les reposoirs déjà mentionnés de la Chapelle et des sœurs CALIS à proximité du monument aux morts. Ces processions de la Fête Dieu prirent fin au tout début des années 70, lorsque la circulation dans le bourg les rendit plus difficiles à organiser et que dans l’esprit de certains cela faisait un peu ringard de préserver une coutume d’un autre temps.

Cette tradition de la Fête Dieu est donc tombée en désuétude et a été abandonnée pendant quelques années. Heureusement, au début des années 2000, elle a été réhabilitée grâce au curé Jean-Marie KAUFFMANN qui a pris l’initiative de redonner vie à cette belle coutume.

Une autre tradition religieuse se perpétue dans notre paroisse depuis de nombreuses décennies ; il s’agit de la décoration du chœur avec de majestueux épicéas et la mise en place d’une magnifique crèche sur l’autel latéral droit pour le temps de Noël, jusqu’au 2 février, fête de la Chandeleur. Des équipes successives de bénévoles perpétuent cette tradition depuis des décennies et mettent un point d’honneur à fignoler une crèche à différents niveaux de toute beauté avec une chaleureuse animation musicale faite de chants de Noël allemands ou français. La tradition familiale de se rendre au « Krippche » pendant le temps de Noël est encore bien vivace.

Un autre temps fort de la vie liturgique a eu lieu au mois de mai, traditionnellement le mois de la Vierge Marie. A cette occasion, l’autel latéral gauche de notre église est magnifiquement orné et décoré.

La Vierge Marie dans toute sa magnificence invite les fidèles paroissiens à la prière et à la méditation. Là encore, une équipe fidèle de bénévoles perpétue la tradition.

Au même moment, avant la grande fête de la Pentecôte, se déroulait pendant trois jours la procession des Rogations avec bénédiction des champs et des récoltes. Une foule nombreuse de fidèles y participait. Le premier jour, on allait bénir les champs de la rue de Zinzing, puis le deuxième à la rue de Sarrebruck et enfin le troisième à l’Almet qui était autrefois un immense terrain parsemé de potagers magnifiquement entretenus par des particuliers amoureux de leur terre et qui la cultivait souvent aussi par nécessité pour nourrir la famille.

Une autre tradition qui a disparu maintenant était la vente aux enchères des places de l’église paroissiale, une coutume que nous avons du mal à imaginer de nos jours. En effet, les meilleures places, c’est-à-dire proches de l’allée centrale et du chœur, étaient très prisées et se vendaient chères. Cette vente aux enchères par la fabrique de l’église donnait lieu à des échanges assez rudes et épiques entre certains paroissiens. Pour les moins fortunés ou les indigents de la paroisse, il ne restait que la solution du « Flehkaschde », situé au fond de l’église à gauche en entrant et qui était le refuge des pouilleux. Par la suite, il a gagné ses lettres de noblesse en devenant un poste d’observation privilégiée pour les commères du village, qui pouvaient à loisir observer les allées et venues ou les tenues des paroissiens.

De nos jours, il a perdu de son importance stratégique, mais il a néanmoins gardé ses adeptes.

Au cours du siècle précédent, notre paroisse Saint Innocent a été desservie par des prêtres y ayant séjourné longtemps, comme quoi les Blithariens ne sont peut-être pas aussi spéciaux qu’on veut bien le dire. Un des curés ayant fortement marqué le bourg a été l’abbé Johann Michael MATZ, curé de GROSBLIEDERSTROFF de 1877 à 1909. En 1877, il succéda à l’abbé Nicolas SCHUHLER décédé en 1877. Il fut curé de notre bourg pendant 32 ans et a rejoint la Maison du Père à l’âge de 73 ans. Son influence a été grande et il a même laissé son nom à une rue du lotissement BOEHLINGEN pour la postérité. Il était né le 25 septembre 1836 à HOLBACH près de SAINT-AVOLD. L’embellissement de notre église paroissiale lui tenait particulièrement à cœur. Il y consacra toute sa force et toute son énergie. Grâce à lui, l’église paroissiale eut son nouveau clocher, de nouvelles cloches et surtout une nouvelle décoration intérieure qui suscita l’admiration de toutes les paroisses environnantes.

Son successeur a été l’abbé Pierre HOELLINGER, né le 14 octobre 1869 à RIMLING dans le Pays de Bitche. Il a été curé de notre bourg de 1909 à 1948, c'est-à-dire pendant 39 ans. Des générations de Blithariens se souviennent de lui ; il a notamment vécu avec eux deux conflits mondiaux avec tous les drames qui s’en suivirent.

Après ce long bail, vint l’abbé Nicolas WEILAND, curé de GROSBLIEDERSTROFF de 1948 à 1956. Il était originaire du village voisin de ZINZING et était né le 5 septembre 1901. Il a été le curé de la reconstruction du village et de l’église après la Deuxième Guerre Mondiale.

Plus près de nous, l’abbé Joseph ZINTZ, né en 1922 à HOELLING dans le Pays de Bitche, a égalé le record de longévité de l’abbé HOELLINGER en étant curé du bourg de 1957 à 1996. Il est décédé le 23 septembre 1996 à l’âge de 74 ans. Lui aussi a marqué des générations d’habitants et de paroissiens par sa joie de vivre et son contact facile.

Depuis 1997, c’est l’abbé Jean-Marie KAUFFMANN, né à MONTIGNY-LES-METZ en 1938 qui a en charge les destinées de la grande paroisse de GROSBLIEDERSTROFF.

Depuis l'année 2010, c'est notre nouveau curé, l'abbé Eric SCHNEIDER qui lui a succédé.

 

Notre église a malheureusement connu les outrages de la IIème Guerre Mondiale (clocher détruit) et a été fermée au public pendant de longues années après la guerre (de 1945 à 1949), le temps du démontage en 1947 et de la reconstruction du clocher. La toiture était à refaire ainsi que les vitraux fortement endommagés par les faits de guerre. Et enfin, le 21 août 1949, a été fêté en grande pompe le bicentenaire et la réouverture de l’église paroissiale en présence de Monseigneur HEINTZ, évêque de METZ. A cette occasion, l’évêque a également inauguré la statue de la Vierge Marie dominant le village sur les hauteurs du Brandenbusch. Pour s’y rendre, l’évêque a accepté un moyen de locomotion peu courant pour un personnage de son rang, en l’occurrence une Jeep américaine, mise à disposition par Mr GAMEL Léon, agriculteur bien connu dans le bourg.

    

Pendant toute la période de réfection de l’église paroissiale, les offices du dimanche et des jours ordinaires eurent lieu dans la salle du café WEISSLINGER, rue des Fermes. Les fidèles étaient appelés à la messe par les cloches provisoirement installées dans le jardin de la cure.

CLOCHE 

A côté de l’église, dédiée à Saint Innocent, se trouvait jusqu’en 1803/1804 le cimetière paroissial et son ossuaire qui est classé monument historique. Depuis cette date, sans doute par manque de place, le cimetière a été transféré à son emplacement actuel.

 

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On y trouve encore, au pied du mur d’enceinte, les tombes d’anciens curés de la paroisse et notamment celle de l’abbé MATZ mais aussi celle de son prédécesseur l’Abbé Nicolas SCHUHLER.

 

Notons encore qu’au cours de l’année 2006, les peintures intérieures de notre église ont été entièrement refaites par l’entreprise KLING de LIXING-LES-ST AVOLD. Les travaux ont débuté au mois de juin et se sont achevés fin septembre. Le résultat final est somptueux. Le caractère baroque de notre église paroissiale a bien été mis en valeur.