La Parole de Dieu adressée à Jean, c’est déjà un peu Noël. La Parole de Dieu adressée au monde. Jésus, le Verbe, la Parole, qui se fait chair dans l’enfant de Bethléem. Mais la Parole ne nait pas comme ça en général, de façon virtuelle. La Parole naît dans le cœur de quelqu’un en particulier. Dieu vient toujours faire sa demeure chez quelqu’un de précis.
En Jean-Baptiste, dans le texte que nous venons d’entendre mais en toi aussi, ami lecteur, ami auditeur, si tu ouvres la porte à sa venue, là, aujourd’hui.
Tibère, comme son prédécesseur Auguste, est passé à côté. Mais attendait-il quelque chose ? Les grands de ce monde font paraître des édits, qui mettent le monde en branle. Que peut attendre un homme qui, par un seul mot, a un tel pouvoir ? Les grands de ce monde comptent et recensent. Ce n’est pas le nom de leurs sujets qui compte, ni leur histoire, ni leurs amours ni leurs espérances, mais l’impôt que cela va rapporter à Rome. Que peut attendre un homme qui est le nombril du monde et qui fait tourner le monde autour de lui ? Peut-il comprendre quelque chose à la pierre rejetée par les bâtisseurs et qui va devenir la pierre d’angle ?
Les prêtres en leur temple ne s’aperçoivent pas non plus que le centre du monde a changé dans la nuit de Noël qui approche ; le centre du monde a changé quand celui par qui tout a été fait, est né dans un bled perdu et qu’il a été déposé dans une mangeoire. Quel chemin prendrons-nous en ce temps d’Avent ? Celui qui mène au palais du roi ? Au temple des prêtres ? A la crèche ? Ce qui est sûr, c’est qu’à Noël, Dieu prend le chemin qui mène jusqu’à toi !
Frère Jean-Luc-Marie Foerster
Maison Saint-Louis-Bertrand à Clermont-Ferrand