Trinité

L’humanité pleure son péché. La création gémit d’être soumise à la violence et à la mort*. Et pourtant, elle continue d’attendre la libération de ses maux. Elle continue d’espérer. La Trinité tient conseil : le Père ne se résigne pas à abandonner sa création.

Il demande : « Qui enverrai-je ? » « Envoie-moi ! », répond le Fils qui veut faire la volonté de son Père. Et l’Esprit saint acquiesce. Vient le moment où la création mûrit son plus beau fruit : une jeune fille de la nation juive, de Nazareth en Galilée. Elle a pour nom Marie et Dieu l’a comblée de grâce. « Dépêchons-lui notre meilleur agent », décide le conseil divin. « Qu’il lui propose de porter au monde son Sauveur. » Et l’archange Gabriel se met en route.

L’ange franchit la distance qui sépare le trône divin de la maison de Marie. Il entre doucement dans la pièce. Son rayonnement, soudain, inonde l’espace de couleurs.  ‒ Écoutons l’ange s’adresser à Marie.

« Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »

Silence.

Va-t-elle accepter ? La Trinité retient son souffle. La création retient son souffle. Et nous aussi.

« Fiat. Qu’il m’advienne selon ta parole. »

− « Béni sois-tu, ô Père, toi qui as maintenu ton projet d’amour. Et bénie sois-tu, Vierge Marie, toi qui as dit oui. »

Frère Franck Guyen

Couvent de Lille