« Il fera disparaître la mort pour toujours », « en lui nous espérions… il nous a sauvés », avons-nous entendu dans l’extrait du livre du prophète Isaïe. « Chacun de nous rendra compte à Dieu pour soi-même », rappelait Paul dans sa lettre aux Romains. Et Jésus, dans l’évangile de Jean : « qui écoute ma parole… obtient la vie éternelle » mais aussi « ceux qui ont fait le mal (sortiront) pour ressusciter et être jugés. »
On peut retenir deux éléments, deux évènements, deux vérités : la mort, telle que nous la connaissons, disparaîtra ; un jugement d’après nos actes sera établi.
La Vie nous est donnée et nous attend pour toujours, voilà le projet de Dieu dès l’origine, et la raison même de l’Incarnation du Fils en raison du désordre causé par le péché d’orgueil et la désobéissance. Qui que nous soyons nous sommes pécheurs, marqués par une volonté plus ou moins consciente et développée d’émancipation par rapport à notre Créateur. Autrement dit, je veux décider par moi-même, comme si j’étais mon propre maître, oubliant tout ou en partie le plan de Dieu sur moi. Ce premier constat est absolument nécessaire sans quoi l’intervention salutaire du Seigneur est incompréhensible et irrecevable et, en conséquence, sans effet réel dans ma vie. Si je ne me reconnais pas pécheur, si je ne confesse pas que mon rapport à Dieu est faussé par mon péché, alors je reste justement enfermé dans mon aveuglement et peux durer ainsi jusqu’à mes derniers jours, en passant à côté de la vraie vie et du vrai bonheur.
Qui connaît encore le terme « être en état de grâce » ? Qui sait ce que cela veut dire ? Et qui prend les moyens de l’être ?... L’état de grâce c’est celui que nous avions au moment précis de notre baptême, lavés, purifiés, sanctifiés et que nous retrouvons chaque fois que nous nous confessons correctement, en faisant pénitence c’est-à-dire en cherchant à nous corriger et à réparer le mal commis.
Des notions bien lointaines pour certains, complètement étrangères pour d’autres. Et pourtant, si c’est le Ciel que nous visons, plus justement, que nous désirons recevoir en héritage, c’est uniquement en état de grâce que cela est naturellement possible. Cette grâce, c’est Dieu qui la dispense, la répand, la donne pour peu que nous nous en remettions à Lui humblement, sans aucune prétention ni revendication.
Combien meurent réellement en état de grâce, réconciliés avec Dieu, les autres et eux-mêmes ? Soyons honnêtes : probablement très peu. Dès lors, pour la très grande majorité d’entre nous, un supplément est nécessaire, un rattrapage est indispensable : c’est le purgatoire. Merveille de la miséricorde de Dieu. Cadeau ultime de celui qui veut nous rendre à son image.
Prions pour nos chers défunts qui, sauf rares exceptions, en ont besoin. Et, par là même, préparons-nous pour le Ciel qui nous attend auprès de tous les saints !