Communauté de Paroisses St. Gabriel Val de Sarre Nord

 

 

S’il y a bien une seule personne sur laquelle la flatterie n’a aucune emprise et la séduction aucun effet, c’est bien Jésus ! Mais ce qui est surtout remarquable ici, c’est qu’en voulant amadouer Jésus par des paroles très avantageuses, mettant en avant les meilleures qualités, les disciples des pharisiens ne font que dire la stricte vérité. Leur malice les conduit à décrire avec exactitude l’action et la façon d’être de Jésus : vraie, libre, impartiale.


Cette entrée en matière qui voulait comme endormir la vigilance de Jésus ne fonctionne absolument pas et sa répartie est immédiate, cinglante, magistrale. Ils sont démasqués – le sens premier d’hypocrite renvoyant à quelqu’un qui met un masque, se dissimule – et Jésus leur demande aussitôt d’observer de près une pièce de monnaie puisque la question piège reposait sur le fait de payer ou non l’impôt. De cette pièce portant l’effigie de César, Jésus en conclut qu’elle lui revient de droit. Mais, et voilà le génie du Christ, sa singularité à nulle autre pareille, il ajoute – et quelle affirmation lourde de conséquence – qu’il nous faut surtout rendre « à Dieu ce qui est à Dieu » !
Et qu’est-ce qui appartient à Dieu ? A dire vrai, tout ! N’est-il pas le Créateur, et la source de la Vie ? D’une manière particulière, spéciale, privilégiée, la personne humaine appartient à Dieu. Quelle harmonie intérieure, quel bonheur, quelle grâce de savoir ainsi où est notre origine et notre destinée !
C’est une des grandes désespérances de l’humanité que d’ignorer sa véritable racine et son avenir éternel. L’errance d’une partie de la jeunesse – mais pas que – vient qu’ils ne savent ni d’où ils viennent ni où ils vont.
Matériellement nous sommes, il est vrai, poussières des premières étoiles, fruit d’une longue et lente évolution sur cette terre elle-même en formation ; or, tout cela, découle d’un processus voulu par Dieu Créateur au cours duquel,justement, il nous crée spécifiquement avec cette âme spirituelle qui nous distingue de tous les autres êtres vivants. Nous sommes liés à Dieu, voulus par Lui, appelés par Lui à partager sa vie divine. Nous sommes à Lui et, pour reprendre saint Augustin, « notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en lui ». Et notre manière de rappeler cela, de manifester cela, c’est le culte, autrement dit l’offrande de notre personne, de notre temps, de notre énergie envers Dieu. Et cela passe par la prière personnelle, la prière en Eglise, particulièrement la messe dominicale, et le service du frère, du prochain, du pauvre, du malade...
En fait, nous pouvons élargir cet élan vers Dieu et vers l’autre à tout ce que nous accomplissons, de sorte à faire une offrande à partir de chaque instant de notre vie, de notre quotidien, les belles choses évidemment mais aussi tout ce qui nous agace, nous dérange, nous énerve, nous rebute. Pas facile, c’est le moins que l’on puisse dire ! Une œuvre que nous ne faisons pas seuls, mais en communion avec l’Eglise, celle d’ici-bas et celle d’en-haut. L’œuvre d’une vie, patiemment.