
Pourquoi prier pour les morts ?
En ce jour où l’Église célèbre la messe en mémoire de tous les fidèles défunts, nous pouvons nous demander quel est le sens de cette célébration.
Le premier sens, c’est de rappeler que notre Dieu n’est pas le Dieu des morts mais des vivants : Dieu, qui est bon, a créé le monde bon. Certes, cette bonté a été altérée par le péché et par la mort, mais elle n’a pas été détruite. Dieu nous le promet. Sa bonté sera encore là à la fin des temps quand la mort et le péché auront disparu. Nos défunts ont vécu de cette bonté, ils l’ont exprimée par des actes, des paroles, ils ont donné la vie. Nous avons pu les oublier, mais pas Dieu. Il les fera ressurgir au dernier jour.
Le deuxième sens, c’est de rappeler notre foi au Christ, Seigneur des morts et des vivants (Rom 14, 9) : Jésus a connu la mort mais il l’a vaincue par sa résurrection, non seulement pour lui mais pour tous ceux qui croient en lui. Jésus est l'aîné d’une multitude de frères. Lorsque l’Église fait mémoire de sa mort et de sa résurrection, elle annonce en même temps la résurrection de ceux et celles qui se sont attachés à lui dans la foi. Nous ne savons ni quand ni comment cela se passera, mais nous croyons que les morts revivront et que nous les retrouverons. Ce sera alors une fête cosmique dans laquelle les anges et les hommes exulteront de joie dans une création transfigurée par la lumière divine.
Le troisième sens, c’est d’affirmer la solidarité entre le monde visible et le monde invisible, la communion des saints. Si nous célébrons la messe, c’est parce que nous croyons que cet acte liturgique aide les défunts à aller vers Dieu. Par exemple, en les aidant à opérer des réconciliations nécessaires avant de pouvoir entrer dans la lumière de Dieu « sans ombre ni trouble au visage » (psaume 33) : des réconciliations avec des proches décédés mais peut-être aussi avec des proches encore vivants. Peut-être ai-je moi aussi des pardons à demander à mes défunts ? Et dans l’autre sens, peut-être des pardons à leur accorder ?
Oui, ce 2 novembre de l’an de grâce 2026 peut être un jour de larmes. Que le Seigneur fasse qu’elles purifient le cœur des vivants et des morts ; que nos larmes nous rendent capables de faire confiance, d’espérer et d’aimer.
Frère Franck Guyen, Dominicain