Communauté de Paroisses St. Gabriel Val de Sarre Nord

 

 

Je connais un homme, pauvre de temps et riche d’amitié, qui n’hésite pas, toujours disponible, à donner de son nécessaire, à dormir moins que de raison, à traverser la France entière pour réconforter un ami éprouvé, sans compter, jamais, ce qu’il lui reste pour lui.

Je connais des femmes, en prison, qui peut-être ont volé, dealé, qui ont été trahies, mille fois, qui sont retombées là, tout autant de fois, et qui pourtant, sont encore capables de donner ce qu’elles n’ont pas : de la confiance et de la joie.

Je connais un homme, dont l’enfance a été un long malheur, une longue descente aux enfers, humilié par son beau-père, oublié par sa mère, battu. Adulte, alors qu’il est en prison, il décide de faire ce que l’on n’a pas fait pour lui : alors que les siens ne lui pardonnaient pas d’exister, il leur pardonne, ne serait-ce que pour sauver sa peau et regarder vers l’avenir, mais aussi sincèrement. Et le voilà qui peut désormais entrainer résolument dans la vie ceux qui l’entourent.

Je connais une femme, qui parle de son pays comme d’un pays de reines et de rois. Il est l’un des plus pauvres du monde, mais je commence à croire qu’on y est très heureux, car il est peuplé de pauvres qui partagent, plus riches finalement que nous qui fermons nos portes à clé.

Je connais un homme, unique, qui connaît intimement tous ceux dont je viens de parler, et tous les autres. Cet homme, Jésus, c’est la pauvreté même. Il donne tout. Il est Dieu qui se donne. C’est un mendiant qui donne, aux mendiants que nous sommes. 

Mon frère lecteur, ouvre grand tes bras pour le recevoir.

Soeur Anne Lécu
Extrait de Signes dans la Bible