Communauté de Paroisses St. Gabriel Val de Sarre Nord

 

 

À l’heure où l’intelligence artificielle accélère nos sociétés, le pape Léon XIV rappelle une urgence plus ancienne que le progrès : celle de la dignité humaine, au cœur de l’Évangile.

Sur la terre comme au ciel

On attendait le pape Léon sur la question de l’intelligence artificielle (IA) ; il développe sa pensée sur un plan supérieur,

celui de la dignité de l’homme et de sa défense alors que les industries de l’IA sont en plein développement. Il interpelle toutes les responsabilités, celles des citoyens du monde, et celles de toutes les institutions civiles, politiques ou militaires. Il veut rassembler toute la famille humaine pour qu’elle ne se trompe pas d’objectif.

En christianisme, la dignité humaine est fondamentale

La foi qui anime le pape voit dans l’humain une créature magnifique, trop souvent abîmée par ses conditions concrètes de vie. Cette conviction est à la source de la pensée sociale chrétienne qui éclaire notre époque, même si, diraient certains spontanément, la vie de nos sociétés aujourd’hui a peu de similitudes avec l’époque du Christ. Deux millénaires nous séparent !

Pourtant, de son vivant, Jésus n’a eu de cesse de saper toutes les justifications qui considéraient comme acceptable que les plus faibles soient relégués au ban de la société. Mais parce que sa priorité a toujours été la relation, il n’a pas perdu une seconde à théoriser sa pratique en un traité de science politique. Pour lui, lecteur des saintes Écritures, l’être humain est enfant de Dieu. Il doit donc avoir la possibilité de conduire sa vie comme tel. C’est là sa dignité la plus fondamentale.

Le pape réveille notre vigilance

Le message de l’Église en découle : il incombe à chaque génération de la respecter et de la promouvoir. C’est ce que rappelle Léon XIV dans son texte en écrivant : « La justice sociale se reconnaît à la capacité pour un ordre social, économique et politique de permettre à tous – et en particulier aux plus fragiles – de vivre de manière vraiment humaine, sans que personne ne soit laissé pour compte » (n. 77).

Dès lors, l’encyclique montre que l’IA n’est pas simplement un outil nouveau, mais un véritable enjeu pour notre société. Il faut la produire et l’utiliser au seul service de l’homme, alors même qu’elle peut susciter la tentation du pouvoir et de la violence, militaire pour commencer. Le pape adopte une parole ferme mais bienveillante, rappelant une évidence : il y a toujours de l’éthique dans le progrès technique. Il sait que ses seules paroles ne peuvent pas changer le monde, mais il appelle à ce que ce monde de la technologie ne nous change pas.

Léon XIV réveille notre vigilance. L’homme doit reprendre le contrôle de la trajectoire de l’humanité. Le pape nous rappelle sa destination : le retour auprès du Père pour qu’elle soit accomplie dans un processus de divinisation qui n’a rien à voir avec le progrès technoscientifique. La dignité humaine n’est pas une performance ; elle s’exprime et se révèle dans des sociétés tout bonnement justes. Magnifiques sociétés… à construire avec et sans IA.

 

Arnaud Alibert

Prêtre assomptionniste, rédacteur en chef à La Croix

Publié le 29 mai 2026