Dimanche de la rentrée des classes : ils viennent de déposer leurs cartables, émoustillés d’être devant toute l’assemblée. Je regarde ma joyeuse bande, tout va bien. Mais juste derrière, les parents me défient du regard dans ce quartier d’ingénieurs et de chercheurs qui font voler avions et fusées.
« Les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers. » Que dire après Jésus ?
« Vous allez tout faire pour que votre enfant réussisse et devienne le premier de sa classe. Et vous avez raison. Tous les parents, riches ou pauvres, veulent donner le meilleur à leurs enfants et vous, vous avez la culture et la possibilité d’aider à la maison après l’école. » Le regard des parents se détend : un ouf des yeux !
« Mais il a une lourde responsabilité, le premier de la classe. Il doit, dit Jésus, aider le dernier qui n’a peut-être pas la même chance que lui d’avoir des parents, une jolie chambre… Et ce serait bien qu’un jour le dernier de la classe, devenu son ami, ait une meilleure note que le premier de la classe. Cette joie va engager la vie votre enfant dans l’aventure de toute une vie ! Le pire, ce serait le mépris ou pire encore : l’indifférence ! Il a raison cet évangile ! Il y a plus de joie dans les cours de récréation quand les derniers ont de bonnes notes grâce aux premiers et que tous jouent ensemble sans regarder leurs portables qui leur renvoient une image idéale et sélective, selon le monde. »
J’ai vu quelques-uns des parents et tous les enfants hocher la tête et jouer le jeu…