Un échange de dons

Un échange de dons

Pour nous, chrétiens, qui voulons être des priants dans un monde de priants, quelle attitude juste adopter ? Et que pouvons-nous recevoir de cette mystérieuse fraternité qui nous unit à d’autres croyants ?

Ici nous trouvons un guide sûr en l’abbé Jules Monchanin (1895-1957).

A la fin de sa vie, ce pionnier du dialogue interreligieux écrivait : « Je demande vos prières à tous, non seulement des chrétiens, mais des musulmans et des hindous, qui tous, adorent l’Unique ». Au nom de son catholicisme, il avait vécu son sacerdoce dans une ouverture pleine de respect envers les différentes religions du monde et cela lui permit de découvrir sous une lumière nouvelle l’insondable nouveauté du Christ. Surtout, Monchanin avait vécu avec les autres religions une « émulation de sainteté ». Sans être naïf, il avait scruté le meilleur de leurs traditions mystique et il fut frappé par la force de prière et de charité véritable qui jaillissent d’elles.

L’exigence d’ouverture bienveillante à la prière de l’autre nous engage encore plus profondément. Nous sommes appelés à tendre l’oreille aux murmures de l’Esprit Saint qui travaille tout cœur humain. Nous sommes conviés à discerner la venue du Ressuscité, le « Christ toujours plus grand » (Teilhard de Chardin) qui promit « d’attirer à lui tous les hommes » quand il aurait été élevé de terre » /cf. Jn 12, 32). C’est ce que confessait, à Tibhirine, Christian de Chergé : « Il est important pour nous de nous laisser emporter, aussi avant que possible, dans la prière de l’autre, si je veux être davantage qu’un chrétien présent à côté d’un musulman. J’ai vocation à m’unir au Christ, à travers qui monte toute prière de l’islam comme celle de tout coeur droit. »

Magnificat n° 347