Sainte Famille

               La maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc

         Évangile selon saint Matthieu ch. 7, v. 25       

 

 

 « Mon père, je ne suis pas en paix et je suis découragée : aucune de mes deux filles ne s’est mariée, la première est en ménage depuis deux ans et a deux enfants, et la seconde vit avec quelqu’un qui a déjà quatre enfants ; moi qui pensais être un modèle, ma maison est plutôt celle de Cadet Rousselle ! »

« Vive votre sainte famille ! », lui répondis-je dans la sacristie. En matière de famille, méfions-nous de nos stéréotypes en béton qui, même avec poutres et chevrons, s’avéreront vite être en carton ! 

Souvenons-nous que, dans la Sainte Famille, le père n’est pas vraiment le père, la mère se retrouve enceinte avant le mariage, l’enfant fuguera à douze ans… La force de la Sainte Famille ne réside pas dans une exemplarité stéréotypée à laquelle il faudrait se conformer, mais dans sa capacité à se laisser conduire par Dieu en toute circonstance. C’est ainsi qu’elle parle à chacune de nos familles. C’est parce qu’elle est unique qu’elle peut parler à toutes. Si aucune de nos familles n’a vocation à devenir modèle, toutes sont appelées à la sainteté. La vocation d’une famille n’est pas d’abord d’être édifiante, mais plutôt d’être édifiée.
Quand les stéréotypes se sont envolés, tout peut alors se fonder : sur Dieu et sur Lui seul. 

 

Frère François-Dominique Forquin

Couvent de l'Annonciation à Paris