6ème Dimanche de Pâques

THÉOLOGIE

Vivre la fraternité (3/4)
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Que veut dire « être frère » ou « être sœur » ? Un texte d'Élisabeth Robert, franciscaine, sur ce lien fragile qui unit les hommes.

Une réalité pascale

La fraternité à laquelle nous sommes appelés trouve sa source et son salut en Christ. C’est une fraternité « pascale », plongée dans la mort et la résurrection du Seigneur, lui qui est « le premier-né d’une multitude de frères» (Rm 8,29).
«Avant la fête de la Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde vers le Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin. (…) Il commença à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint. » Jn 13, 1.4.6 La fraternité du jeudi saint est une fraternité servante, à genoux. Jésus est là. Le Verbe, la lumière du monde, à genoux. Un geste qui dit l’homme selon le projet de Dieu, un frère serviteur de ses frères. Un homme suffisamment détaché du souci de soi, de son ego pour pouvoir prendre le risque de l’agenouillement, du service.

C’est aussi la fraternité de l’amour et de la fidélité « jusqu’au bout, jusqu’à l’extrême ». Par-delà la déception, la trahison, le reniement. Abandonné de tous, repoussé, condamné à mort par ceux-là même à qui il apporte la vie, le Christ continue à aimer, malgré tout et à se donner. La fraternité du jeudi saint est une fraternité blessée, parfois défigurée lorsqu’elle connaît dans son histoire l’épreuve de la moquerie, de l’injustice, de la trahison, de la lâcheté, de l’incompréhension. Une fraternité pauvre et fragile, marquée par le péché mais c’est aussi une fraternité qui s’ouvre à la miséricorde et à la compassion. La fraternité peut alors connaître l'extrême de l'amour, l'extrême de la gratuité du Don dans le service, dans le pardon, dans l'amour du frère surtout lorsqu'il n'est pas réciproque.