Marche vers Noël

Avec ce premier dimanche de l‘Avent, nous entrons dans une nouvelle année liturgique , période d’attente, un temps de préparation. Il y a 2000 ans, ils attendaient le Messie. Nous, nous pourrions dire que nous n’avons plus rien à attendre. Tous les ans c’est la même chose. Jésus est né, il a partagé notre vie, il est mort et ressuscité : on connaît la fin du film depuis longtemps. Mais…

Si la façon de donner la vie est toujours un peu la même, dans chaque famille chaque naissance est un événement attendu de façon particulière. On n’attend pas le quatrième enfant comme le premier. Mais on prépare sa venue avec la même espérance, le même désir de lui donner tout ce qu’on a de meilleur, les mêmes appréhensions aussi, les mêmes doutes quant à sa santé, son avenir…De même chaque Noël est particulier. Nous avons pris une année de plus, des êtres chers nous ont quittés, le monde évolue si vite qu’il est parfois bien difficile de trouver des points de repère dans le flot d’informations qui nous arrivent de partout…

Et pourtant au fin fond de nous, même si nous marchons parfois dans les ténèbres, c’est vers la lumière de Noël que nous avançons. C’est toujours, avec cette même espérance qui nous fait vivre, que chaque année nous attendons avec joie ce moment où nous nous redisons que Dieu s’est fait homme parmi les hommes; il a voulu être si proche de nous qu’il est venu partager notre vie, notre condition humaine, nos souffrances, notre mort. Ce n’est donc pas un Dieu dans les nuages, il est là vivant au milieu de nous, en chacun des hommes et des femmes que nous côtoyons, il est là quand nous essayons de trouver l’issue la plus juste dans une situation délicate, il est là quand des gestes d’amitié, d’amour se manifestent ici ou là, même par-delà les frontières… il est là au cœur de nos vies.

« Préparez les chemins du Seigneur… », criait Jean-Baptiste bien après le prophète Isaïe. Il y a sans doute mille façons de préparer sa venue… Une parmi d’autres nous est suggérée dans Marc (13,33) : « restez éveillés ! » Etre en éveil, attentifs aux autres, à ceux qui nous sont proches, à ceux plus éloignés qui, englués dans des guerres fratricides crient justice, aux personnes les plus en difficulté, dans leurs besoins immédiats, mais aussi dans leurs aspirations plus profondes ; être à l’écoute d’une souffrance qui ne s’exprime pas ouvertement, mais qui est à fleur de peau ; aller sans s’imposer au-devant d’une demande à peine susurrée ; et peut-être simplement dans toute rencontre, avec l’un de nos frères ou avec Dieu dans la prière, se dire intérieurement : « Qu’attends-tu de moi ? »

Bon temps de l’Avent !

Abbé Didier Nierengarten